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II. Partie géographique

Chapitre  1

Situation – Communes limitrophes

La commune de Guernes est située par 49°30’ et 49°2’’de latitude Nord ; 0°39’35’’ et 0°43’25’’ de longitude Ouest. Elle a la forme générale d’un rectangle limité sur deux faces par la Seine et fait partie avec Saint-Martin et Follainville d’une sorte de presqu’île dont Mantes et Vétheuil forment les points extrêmes.
Ses limites sont : au nord Saint-Martin-la-Garenne, à l’est Follainville, au sud Gassicourt et Rosny-sur-Seine, à l’ouest Rolleboise et Méricourt.

Le village de Guernes est bâti sur une légère colline en pente brusque qui longe la Seine à droite, presque sur toute l’étendue du territoire de la commune. Il est ramassé, les constructions sont tassées les unes sur les autres ; aucune vieille maison n’a de cour digne de ce nom : il est impossible d’y tourner avec une voiture ; seules quelques-unes, de construction récente, sont mieux partagées sous ce rapport.

Population - Étendue en hectares de la superficie territoriale

La population de la commune est de 515 habitants, recensement de 1896 ; cette population a varié dans des proportions appréciables sans cependant s’écarter beaucoup du chiffre ci-dessus, ainsi que l’indique le tableau suivant :

En 1804 : 550 habitants En 1840 : 581 habitants En 1867 : 513 habitants
En 1821 : 551 ’’ En 1843 : 547 ’’ En 1878 : 478 ’’
En 1824 : 555 ’’ En 1857 : 542 ’’ En 1888 : 483 ’’
En 1833 : 542 ’’ En 1863 : 530 ’’ En 1891 : 507 ’’

L’annuaire indique comme étendue du territoire : 771 hectares. C’est le chiffre actuel. Avant 1876, la commune ne comprenait que 725 hectares.
À cette époque, la commune de Guernes obtint (loi du 27 août 1876) après de longues formalités, de nombreuses délibérations et moyennant une indemnité de 8 000 F à la commune de Rosny-sur-Seine, la réunion à son territoire de l’Île dite de Rosny. Cette île, appartenant pour la plus grande partie à des cultivateurs de Guernes, n’est séparée de ce village que par un bras de Seine, que l’on traverse sur un pont ou Buse, tandis que la Seine la sépare de la commune de Rosny. La possession de cette île avait d’ailleurs été dès l’origine et pendant 18 ans (1790-1808) contestée à Rosny par les habitants de Guernes. Elle a une étendue de 48,69 arpents métriques (ou hectares) d’après le cadastre de Rosny établi en 1809.

Altitude – Nature du sol – Climat – Relief - Hydrographie

La situation de la commune en bordure de Seine laisse supposer que son altitude est faible. En effet, bien que, à première vue, la légère colline qui borde la Seine paraisse élevée, son altitude n’est que de 24 à 30 mètres, ce qui ne fait qu’une élévation de 11 à 17 mètres au-dessus du niveau du fleuve. Le plateau, ou plaine de Guernes, s’élève ensuite en pente douce de la colline aux limites Nord-Est du territoire ; il est à l’altitude de 30 à 60 mètres, et le point culminant au lieu-dit « Les quatre chemins » à 2 km de Dennemont et de Sandrancourt ne dépasse point 70 mètres.

Le sol est de nature bien différente sur les diverses parties du territoire de la commune de Guernes : il est on ne peut plus varié. On y rencontre presque toutes sortes de sols, depuis les terres fortes jusqu’aux sables presque purs. Ses îles englobées par la Seine et ses divers bras, formées de terres d’alluvions, sont presque des terres franches et d’excellente qualité. Entre la Seine et la côte, le sol est argilo-calcaire ; la côte est calcaire, silico-calcaire au-dessus et le sable domine sur le plateau.
Le sol et le sous-sol sur tout le plateau sont caillouteux, ils l’étaient bien plus autrefois : d’énormes murgers, formés par l’amoncellement des cailloux ramassés depuis des siècles par les cultivateurs, sillonnaient la plaine en tout sens et formaient une chaîne non interrompue de plusieurs kilomètres au sommet de la côte. Le sous-sol, plus près de la Seine, est formé d’un fort banc de calcaire grossier composé de blocs énormes et qui constitue la côte.

Le climat est tempéré. La côte, exposée au midi et sur laquelle le village est bâti, forme une sorte d’abri contre les vents du nord dont les effets sont ainsi moins nuisibles. La moyenne des pluies est plutôt inférieure à celle des villages voisins, car les orages y sont rares : les nues orageuses suivant la vallée de la Seine font souvent le tour du territoire.

Comme il a été dit ci-dessus, le territoire se compose d’îles et d’une partie bordant la Seine à droite qui ne dépassent pas 2 à 3 mètres au-dessus du niveau de l’eau : cette partie est plate et unie. Puis s’élève la côte raide et abrupte (la culture y est impossible en plusieurs endroits), de là le plateau suit une pente à peu près uniforme ; il s’abaisse ensuite insensiblement jusqu’au bord du fleuve vers l’ouest où n’existe pas de côte.

Au point du vue du régime des eaux, le territoire de la commune est seulement arrosé par la Seine et ses divers bras contournant les îles. D’abord la Seine proprement dite qui longe le territoire sur une longueur de 6,6 km, puis le bras du milieu (4 km) qui, avec la Seine, enveloppe l’île de Rosny ; enfin, le bras de Guernes et ses diverses ramifications a une longueur de 6 km et englobe avec le bras de Rosny ou du Milieu les îles des Genouchets, de Guernes, de Rolleboise et plusieurs îlots. Des remblais pleins permettent de communiquer avec les îles des Genouchets et de Guernes, un autre avec passage d’eau ou Buse avec l’île de Rosny. On accède à l’île de Rolleboise par un pont. La longueur totale des berges sur le territoire de Guernes est donc d’environ 26 km.
Quelques affaissements sur le plateau du côté du cimetière permettraient de croire que des sources descendant des collines de Follainville ou de Saint-Martin, au lieu de couler directement vers la Seine, viendraient se perdre dans le fleuve en face de Rolleboise, en traversant la commune de Guernes à une profondeur plus ou moins grande. Cette supposition peut paraître assez naturelle, car les sources en question seraient barrées au nord et au sud par deux bancs de glaise : celui de Coudray, qui est exploité par la Tuillerie de Mantes, et celui, moins important, qui se trouve à l’extrémité est de la côte de Guernes et que des fouilles faites près de l’usine à ciment de Dennemont ont fait découvrir.

Voies de communication

En égard à sa position dans une sorte de cul-de-sac limité par la Seine, la commune se trouve un peu isolée. Les voies de communication sont peu nombreuses : pas de ligne de chemin de fer. La station de Rosny (ligne de Paris au Havre) est à 1 500 mètres de la mairie, d’où part une route descendant la côte du village par une rampe de 80 mètres très raide et se dirigeant vers Rosny.
La traversée des deux bras s’effectue sur deux remblais déjà cités, et celle de la Seine (170 mètres) au moyen d’un bac à traille aérienne. Ce passage est souvent difficile et même dangereux par un fort vent d’ouest. Le courant, assez faible vu le rapprochement du barrage, se trouvant contrarié par le vent, il se forme d’énormes vagues capables de faire couler les bateaux : une péniche chargée de vin y fut submergée le 7 avril 1899.

On rejoint ensuite à Rosny la route de Paris à Rouen pour les directions de Mantes (6 km) et de Bonnières (8 km de la mairie).

Du même endroit partent : 1°/ le chemin vicinal n° 147, route de Mantes par Dennemont et Limay (9 km) ; 2°/ le chemin vicinal ordinaire de Guernes à Vétheuil par Sandrancourt et Saint-Martin-la-Garenne (10 km) ; 3°/ le chemin de Flicourt (1 300 m).
Une autre voie de communication importante est formée par la Seine. En ce qui concerne la commune elle n’est utilisée, outre les promenades ou voyages d’agrément en bateau, que pour l’arrivée des gadoues ; autrefois, c’est par là que furent enlevés les matériaux des murgers, il en sera parlé plus loin.

En aval de la Seine, et presque à la limité du territoire, a été construit un superbe barrage, accompagné de deux écluses. Il est composé de deux parties : la première à pont pour le relèvement des fermettes ou vannes à l’époque des glaces ; et la seconde sans pont : les fermettes sont couchées au fond de la Seine en hiver. Les deux écluses pour le service de la marine sont situées sur la rive gauche, territoire de Méricourt.

Telles qu’elles sont, les voies qui mettent Guernes en communication avec les autres communes ne sont pas l’idéal. Par exemple, un pont sur la Seine serait d’une utilité incontestable, et certainement la commune s’imposerait de grands sacrifices pour sa construction.
Mais si l’on établit une comparaison avec ce qui existait autrefois, on ne peut que s’estimer heureux et plaindre les Guernois des siècles passés et même de la première partie du XIXe. Ils n’avaient alors pour se rendre à Rosny et même dans l’une quelconque de leurs îles que le secours des bateaux. Il fallait un bateau pour aller couper l’herbe, semer les champs ; un bateau menait les vaches aux prés, rentrait les récoltes, il fallait charger et décharger quatre ou cinq fois celles de l’île de Rosny pour les mettre à la grange. Quelles pertes ! Que de temps perdu ! Que d’ennuis !

Aujourd’hui toutes les îles sont réunies au village par des ponts ou remblais. Autrefois tous les charrois se faisaient à dos d’âne à cause du mauvais état des chemins. Aujourd’hui presque toutes les parcelles sont desservies par des chemins généralement en bon état. Il y a donc un progrès considérable sous ce rapport.

Particularités de la faune et de la flore

Les animaux qui vivent à l’état sauvage n'ont rien de particulier à Guernes : ce sont ceux que l’on trouve partout. Quelques renards, beaucoup de fouines logées dans les carrières abandonnées, dans les bois, et qui viennent la nuit dans les habitations où elles font des dégâts appréciables ; aussi leur tend-on, avec succès, toutes sortes de pièges. Quelques belettes et des rats d’eau à profusion complètent les représentants des mammifères. Ces derniers font en hiver des excursions sur les rivages de la Seine où ils dévorent tout. À citer aussi quelques loutres.

Parmi les oiseaux, quelques rapaces d’espèces assez rares et des oiseaux d’eau : hérons Blongios, foulques, grèbes ; le joli martin-pêcheur y est très commun ; on trouve rarement la huppe. Tous les autres sont des animaux communs à la région.

La flore n’a rien de particulier, elle n’est même pas riche comparativement à celle des communes voisines : on n’y trouve pas d’orchidées comme à Follainville (Coudray), pas d’orobanches variées comme à Vétheuil, la Roche-Guyon, pas de genêts… En somme, une flore très ordinaire, rien de remarquable.

Chapitre 2

État de la propriété – Principales cultures

La commune de Guernes a un territoire très divisé. Pour une superficie de 688 ha (non compris la Fournière : 83 ha), on trouve au cadastre 12 500 parcelles. Un certain nombre de grandes pièces de terre provenant du domaine de Flicourt et des propriétés seigneuriales de l’île de Rosny augmentent la moyenne qui sans cela serait à peine de 5 ares par parcelle. Les plus petites parcelles se trouvent à l’entour du village et dans toute la partie comprise entre la Seine (bras de Guernes) et la crête de la côte : ce sont les vignes. Cette division extrême, qui a pour origine le partage des anciennes parcelles entre tous les enfants co-héritiers, tend à diminuer pour plusieurs raisons.

Actuellement, les enfants ne divisent que très rarement les parcelles de leur héritage ; lors d’une vente publique, chacun fait l’acquisition, autant que possible, des parcelles attenantes à ses propriétés ; enfin de nombreux échanges ont lieu, et ces échanges sont facilités par la loi nouvelle qui a réduit à 0,25 % les droits d’enregistrement dans ce cas.

Guernes est un pays de petite culture, ainsi que cela existe partout où le territoire est très divisé. Les cultures sont donc très variées. Tout le monde est plus ou moins propriétaire : on possède depuis quelques ares jusqu’à 20 ha (non compris les propriétés sur les communes limitrophes). Presque tous les cultivateurs font leur besogne par eux-mêmes : les domestiques y sont rares. Quelques-uns ont un petit commis, et pour le reste on prend des femmes ou des hommes de journée lorsque les travaux pressent (cueillette des pois, des cerises, moisson, vendanges). Très rarement on emploie des ouvriers étrangers à la commune.
Les principales cultures sont : les céréales (seigle, blé, avoine, orge) ; les fourrages (trèfle, luzerne, sainfoin, prairies nouvelles) ; les arbres fruitiers (cerisiers, pruniers) ; les pois, les asperges, les betteraves, les pommes de terre, la vigne, l’osier.

Les engrais employés pour les diverses cultures sont : d’abord le fumier, puis une grande quantité de gadoues, souvent de peu de valeur nutritive, les engrais du commerce, soies de porcs, poils de lapins et les engrais chimiques. L’emploi de ces derniers tend à augmenter depuis quelques années ; ils remplaceront certainement les gadoues à une époque peu éloignée.
Les cultivateurs se rendront bien vite compte des avantages de toute nature qu’ils trouveront à cette substitution. Un grand nombre d’entre eux font des essais, des expériences, et apprennent ainsi par eux-mêmes à n’employer que les engrais qui peuvent leur donner de bons résultats. Les gadoues sont surtout utilisées dans les vignes où elles ont pour effet de provoquer rapidement la végétation.

Rien de particulier à signaler au sujet de la culture des différentes céréales. Cette culture est pratiquée comme partout ailleurs. La plupart des cultivateurs visitent leurs champs au printemps et sèment sur leurs seigles et blés qui ont souffert de l’hiver du nitrate de soude dans une proportion variant de 50 à 250 kg à l’hectare, suivant les besoins.
À l’époque de la moisson, les récoltes sont rentrées presque aussitôt si le temps est favorable ; en cas de pluie, on dispose les gerbes en moyettes, debout. La plus grande partie des céréales est rentrée en granges, le reste disposé en meule ; dans les deux cas, le battage s’effectue aussitôt après la moisson. Les cultivateurs qui ont chez eux une batteuse font cette opération pendant les jours de mauvais temps et au fur et à mesure des besoins, mais toujours avant la fin de l’année. Les autres font battre par un entrepreneur.

Les petits pois se cultivent de deux façons. 1° en décembre et commencement de janvier, on met le fumier sur la semence (pois Michau) de façon à la garantir des grandes gelées ; 2° le fumier est placé sous les grains pour les cultures plus tardives (pois de Clamart, caractaeus, express, etc.).

La culture des asperges, betteraves, fourrages, pommes de terre, ne diffère pas de ce qui se fait ailleurs. Depuis deux ou trois ans, quelques cultivateurs ont essayé d’arroser les pommes de terre avec une dissolution de sulfate de cuivre, ce qui a donné d’excellents résultats.

Les arbres fruitiers ne reçoivent de soins que lorsqu’ils sont jeunes, plus tard ils sont laissés un peu à l’abandon : on se borne alors à enlever les branches mortes ou en excès.

La vigne est bien soignée ; elle n’est pas cultivée en rayons sauf pour les nouvelles plantations. Elle donne d’ailleurs un excellent vin, très recherché. Les principales variétés cultivées jusqu’à ce jour sont : le meunier, le meslier blanc, le petit et le grand gamay.
Si le phylloxéra fait son apparition dans la commune, comme cela est malheureusement à craindre puisque la commune de Follainville est contaminée, on introduira les variétés américaines : rupestris, riparia, et comme producteur direct, l’othello.

En somme, une culture au-dessus de la moyenne, et par les méthodes et par les soins. De nombreux cultivateurs, surtout parmi les jeunes, sont abonnés à des journaux qui, comme « L’agriculture moderne », les tiennent au courant des procédés nouveaux et des expériences dont ils peuvent faire leur profit.

Élevage – Animaux utiles et nuisibles

La commune de Guernes n’est pas un pays d’élevage ; d’ailleurs, vu l’état de division de la propriété, cela serait impossible. On n’y trouve pas d’herbages et on ne peut y établir de clôtures à cause du peu d’étendue des parcelles. Dans les îles seulement cela pourrait avoir lieu, la nature du sol le permettrait ; mais ce sont les seules terres à blé de la commune. Il n’y a pas un seul mouton : la vaine pâture est abolie.
À peine si on élève quelques poulets. Les poules sont surtout destinées à la ponte et les œufs sont livrés au commerce. On en fait sur place une grande consommation.
Il y a cependant un genre d’élevage pratiqué sur une assez grande échelle et qui donne de beaux bénéfices : c’est celui du lapin. Toutes les semaines, un marchand en emporte une pleine voiture.

On ne trouve comme gibier que la perdrix, en assez grande abondance, le lièvre et le lapin. La chasse est un profit pour les cultivateurs : elle est louée 2 000 F, et cette somme leur est partagée au prorata de l’étendue de leurs propriétés. La chasse sur l’eau est assez agréable ; on y tue des hérons, poules d’eau, mouettes, culs-blancs, etc.

Plusieurs habitants ont quelques ruches utilisées pour la consommation de la famille.

Enfin, la pêche une distraction et un profit à la portée de tous, et il n’est personne qui ne puisse avoir de temps en temps une friture ou un brochet. Les bras de la Seine à Guernes sont en effet renommés pour la pêche du brochet, trop renommés même, car un nombre considérable de pêcheurs étrangers qui viennent depuis quelques années se livrer à cette pêche ont réussi à détruire presque complètement ce poisson. C’est par milliers de kilogrammes chaque année qu’il a été capturé.

Un certain nombre d’animaux nuisibles exercent leurs ravages dans la commune ; d’abord le lapin de garenne, en assez grande quantité, trouve un refuge dans les carrières abandonnées, d’accès difficile et autour desquelles il cause de graves dommages : carottes, fourrages, vignes, rien n’est respecté par ce rongeur. Heureusement qu’il est cantonné dans ces carrières, sans quoi ses ravages s’étendraient beaucoup plus.
Un autre mammifère a élu domicile dans les mêmes carrières, et s’il combat le lapin, il n’en est pas moins redoutable : la fouine est ici un animal très commun. Aussi les pièges ne chôment pas ; avec des œufs comme appât, on en prend un grand nombre, car cet animal a un faible pour la volaille et ses produits. Le renard est rare.

Un véritable fléau, mais qui tend à disparaître ou du moins à diminuer, ce sont les chenilles. Tous les murgers sont couverts d’une végétation d’épines noires, d’églantiers, dans laquelle les nids de chenilles pullulent. Avec la disparition des murgers, les chenilles seront obligées de changer de domicile, et dans les arbres fruitiers leur destruction sera plus facile et chacun sera plus directement intéressé à leur faire une guerre acharnée.

Il sera plus difficile de combattre un autre ennemi dont la présence est imminente : le phylloxéra causera probablement de grands ravages et les vignerons seront sans doute forcés de renouveler entièrement les 40 ha de vignoble de Guernes.

Nous aurons terminé avec les principaux animaux nuisibles lorsque nous aurons dit que le hanneton s’attaque à toutes les cultures de la commune et que, vu la grande quantité d’arbres fruitiers, sa destruction est difficile.
Depuis longtemps on a encouragé ici cette destruction par des primes. On retrouve de nombreuses délibérations à ce sujet. Exemple : « L’an mil huit cent trente-cinq le 15 mars… Monsieur le Maire donne lecture à l’assemblée de la circulaire de M. le Préfet, du 4 mars dernier, de laquelle il résulte que le Conseil général s’est occupé dans sa dernière session des pertes et des torts que causent tous les ans à l’agriculture les hannetons et vers blancs et qu’il met une somme de 3 000 F pour 1835 à la disposition de M. le Préfet pour la répartir en primes aux cultivateurs qui montreront le plus de zèle et obtiendront les meilleurs résultats pour la destruction de ces insectes, etc. Le Conseil délibérant… arrête… »
Suit l’énonciation des conditions dans lesquelles se fera la destruction, et il est alloué une prime supplémentaire aux cultivateurs qui sont d’ailleurs tenus obligatoirement de procéder à la destruction. Depuis cette époque, on s’est efforcé de détruire les hannetons mais sans beaucoup de succès ; à cause de la division de la propriété, il n’est guère pratique d’employer des moyens comme les cages roulantes, et un grand nombre de parcelles, couvertes d’arbres ou de vignes, ne sont pas cultivées assez profondément pour effectuer la destruction des vers blancs.

Chapitre 3

Industrie : carrières, fours à chaux, divers - Commerce

Guernes étant essentiellement agricole, c’est dire qu’au point de vue industriel, il y a peu de choses à signaler.
Quelques carrières sont exploitées. On en extrait une pierre de construction qui est de bonne qualité. D’anciennes carrières montrent que cette branche d’industrie a été autrefois prospère. La même pierre est transformée en chaux d’une très bonne qualité et qui est utilisée par les usines à papier et par la maçonnerie. Les débris servent d’amendement. Plusieurs fours à chaux sont construits à quelque distance du village.

Il existait autrefois dans la plaine un grand nombre de tas de cailloux dits murgers, formés par l’accumulation des cailloux que les anciens ramassaient dans leurs champs. Ces murgers, exploités il y a 35 ou 40 ans, ont été enlevés pour la plus grande partie au moyen de chalands et transportés à Paris ou aux barrages (on en faisait des agglomérés ou béton).

Un pont qui subsiste encore aujourd’hui et établit la communication avec l’Île de Rolleboise, le pont d’Herville, a été construit à cette époque par les entrepreneurs. Une trappe ménagée au milieu permettait le déchargement direct dans les bateaux. Depuis cette époque on enlève chaque année, pour l’entretien des chemins, 400 m3 environ des murgers, qui bientôt disparaîtront tout à fait.
On pourrait envisager à Guernes la possibilité de créer une usine à ciment analogue à celles qui existent à Guerville, Vetheuil, Dennemont. Cette dernière, donnant d’excellents produits, est située près de la limite du territoire de Guernes et tire la matière première nécessaire de la côte qui se continue, avec la même constitution, jusqu’au village de Guernes (environ 3 km).

Dans la commune, on trouve des industriels comme partout ailleurs pour les besoins de la population : deux charrons-forgerons, dont l’un a imaginé un système de bineuse primé aux concours agricoles ; un tourneur, un tonnelier, un boulanger, deux entrepreneurs de battage, etc.

Le commerce est actif à Guernes : les produits du sol sont enlevés soit sur la place où il y a trois marchés par semaine (mardi, jeudi et samedi), soit par des marchands qui vont à domicile ; on enlève ainsi les cerises, prunes, asperges, lapins, etc. Des marchands au panier ou revendeurs vont porter les mêmes produits soit du côté d’Evreux, soit du côté de Gisors. Les petits pois sont généralement vendus sur les marchés de Bonnières et Mantes. La plus grande partie des produits est dirigée ensuite vers Paris ; les prunes vont en Angleterre. Il n’existe aucune foire dans la commune. On s’approvisionne de bestiaux soit chez les marchands, soit à la foire de Passy (Eure).
 

Monoxyde de carbone

Danger !

monox-carboneEn France les intoxications au monoxyde de carbone sont une source importante d'hospitalisation et de décès (une cinquantaine par an).

Les appareils à l'origine de ces intoxications ont été majoritairement les chaudières, les chauffe-bains et les barbecues/braseros.

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