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Un Guernois veut se présenter à la présidentielle

Philippe Abroissière

À 52 ans, Philippe Abroissière se lance dans une entreprise courageuse : se présenter à l'élection présidentielle. Il compte sur les maires des petites communes pour le parrainer.

Philippe Abroissière a lancé une campagne auprès des 27 000 maires des communes de moins de 2000 habitants pour obtenir les 500 parrainages nécessaires à sa candidature.

L’élection présidentielle comptera-t-elle un candidat supplémentaire ? C’est possible. En tout cas, Philippe Abroissière fait plus que d’y penser le matin en se rasant. Ce Guernois de 52 ans, secrétaire de l’association Guernes Environnement, commerçant à Rueil-Malmaison, a décidé de se lancer dans l’aventure. « La présidentielle est finalement la seule élection nationale où un citoyen en dehors de tout parti peut se présenter », estime-t-il. Du coup, le voilà parti à la pêche au parrainage. Il compte sur les élus des petites communes ne dépassant pas les 2 000 habitants pour obtenir le sésame des 500 signatures.

« Je propose de revoir entièrement l’intercommunalité. Il faut stopper l’uniformisation de nos campagnes et redonner aux maires la main-mise sur la gestion de leurs communes et sur le maintien de leurs particularités », affirme Philippe Abroissière. Un discours qui pourrait parler à l’oreille des maires ruraux qui se plaignent partout en France d’être dépossédés de leurs pouvoirs.

Agir plutôt que râler

Grâce à Internet, il prévoit des envois de mails en masse auprès de ces édiles. Les petites communes sont 27 000 en France. Pour franchir le cap fatidique des 500 parrainages, il faudrait que 1,8 % lui réponde favorablement. «  Bien sûr c’est difficile, mais cela ne paraît pas impossible », se rassure-t-il.

Comment ce petit commerçant en est-il arrivé à imaginer briguer la présidence de la République ? « Les gens se plaignent tout le temps. Ils râlent, mais ils ne font rien de concret pour changer les choses, moi le premier. Je ne suis dit : plutôt que de continuer à te plaindre, vas-y, agis ! », répond-il.

Une prise de conscience qui a mûri peu à peu. Voilà maintenant un an et demi qu’il se prépare et qu’il peaufine son programme et ses arguments. Une amie douée en informatique et sa fille l’ont aidé dans la réalisation d’un site internet. Un copain photographe a fait les images de campagne et s’il obtient les 500 signatures, une voisine et d’autres amis pourraient le rejoindre.

Alors que les candidats comptent leur campagne en millions d’euros, lui reste très modeste. Hors de question d’utiliser l’avance de 153 000 d’euros accordée s’il a ses parrainages. Sans grandes illusions sur ses chances de passer la barre de 5 % d’électeurs permettant le remboursement des frais de campagne, il s’est fixé 20 000 € à ne pas dépasser. Pas de campagne d’affichage tous azimuts, ni de meeting.  « Je ne suis pas un politique qui va sortir ses muscles en meeting. Je ferai un tour de France pour aller à la rencontre des habitants », explique-t-il.

S’il y a un candidat hors système, c’est bien lui. L’embryon de mouvement qu’il a fondé s’appelle Antigone : « J’ai choisi le nom de ce personnage parce qu’il symbolise la désobéissance au système et à la loi au nom de la morale », explique-t-il. Il propose une rupture radicale. Philippe Abroissière propose une « pause de cinq ans pour les appareils politiques traditionnels, le temps qu’ils se repensent et pour nous, le temps d’opérer un recadrage de la société française vers l’essentiel, l’humain… »

Pratique : plus d’infos sur le projet et le programme sur le site www.antigone.solutions

Antigone : la rupture
Philippe Abroissière propose une « pause de cinq ans pour les appareils politiques traditionnels, le temps qu’ils se repensent et pour nous, le temps d’opérer un recadrage de la société française vers l’essentiel, l’humain… »
Le projet Antigone s’appuie sur trois ruptures, fiscale, institutionnelle et européenne.
Tout d’abord, il s’agit de réaliser une bascule fiscale en supprimant les impôts et les prélèvements des particuliers et des entreprises par une hausse du 6 à 13 points de la TVA (sauf pour les produits bio en circuit court qui ne seront pas taxés).
Sur le fonctionnement des institutions, il propose 2 ou 3 consultations de la population par an sur les grandes orientations de la société. Avec l’Europe, il n’y va pas avec le dos la cuillère : pas de sortie, mais une renégociation de fond en comble «  à l’anglaise » pour en finir avec les lobbies qui font la loi à Bruxelles, les réglementations inutiles et les taxes. « Si je suis élu, le retentissement sera tel que je pourrai négocier », affirme-t-il. Dans son programme, figure aussi un Grenelle de l’agriculture.

Source : 78actu - Francine Carriere

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